Pour la recherche-action

– Laboratoire pédagogique –

Pour des Professeurs au coeur de la Recherche

Réfléchir par nous-même, avec les autres, pour nos élèves
La remise en question de nos pratiques est un souci obsédant et caractéristique d’un métier qui se pense comme une “mission”. Professeur 
d’Histoire-Géographie-EMC depuis 2013, je n’ai pas échappé à cet impératif quand bien même je me disais qu’il ne fallait pas mélanger travail et vie privée ; et que la nécessité de prendre du recul était indispensable. Ces remises en question passent souvent pour chacun d’entre nous par les biais suivants : l’ambition de réussir un autre concours, l’inscription à de nombreuses formations internes ou externes, la recherche constante de l’activité idéale qui n’existe pas, la confiance placée dans l’institution pour espérer progresser dans sa carrière, le souci de travailler en équipe pour se rassurer et se questionner sur ses pratiques… 
Pour chacun d’entre nous, la remise en question est donc une quête, un peu solitaire il faut bien le souligner. Cette tâche obsédante et très dépendante de la conjoncture/de la réalité (parsemée d’imprévus) s’est confrontée aux années particulières que sont 2019-2022 : 
les conditions actuelles de notre métier, les nouvelles exigences de ce temps perturbé et hybridé, les remises en cause du fait du Covid et des réformes, ont entrainé, sans entrer dans les détails dont chacun peut se douter, chez beaucoup de collègues comme moi l’envie de traduire enfin les remises en cause et questionnements personnels souvent vains en une véritable énergie au service de recherches et de solutions pédagogiques. Soyons en effet à l’avant garde.

L’idée d’un laboratoire pédagogique
Le projet de créer un
laboratoire pédagogique est donc né de la confrontation de remises en causes visibles dans les salles des Professeurs, avec une réalité qui, il faut bien le dire, est plus rapide et dure que le monde de l’éducation (même si l’on sait que l’Ecole est une caisse de résonnance des maux et réussites de la société). Considérant notre volonté pour l’Ecole et la nécessité pour elle de guider, affronter et s’adapter au réel, quatre nécessités me semblaient évidentes et deviendront nos objectifs : 

  1. La nécessité de dynamiser encore les échanges et la mutualisation entre pairs, tellement la tâche est grande ; 
  2. La nécessité de réunir les disciplines entre elles au-delà des clivages et concurrences stériles ;
  3. La nécessité de dépasser les cadres académiques tout en coopérant avec ceux-ci afin de mieux servir nos élèves ;
  4. La nécessité, car nous sommes des praticiens et des ingénieurs pédagogiques, de prendre enfin une part importante dans la Recherche pédagogique tellement la recherche et la pratique semblent quelques fois aux antipodes l’une de l’autre.

Toutes ces nécessités et objectifs ne suffisent pas à expliquer la volonté de créer un laboratoire pédagogique, terme tout de même lourd d’exigences. En effet, les ressources pédagogiques comme didactiques dans chacune des disciplines sont nombreuses, aisément consultables que ce soit via les sites académiques, les laboratoires de recherche existants, les salles des Professeurs ou encore les réseaux sociaux. Notre priorité via le laboratoire “Pistes” est en réalité de faire en sorte que l’échelon du praticien que constitue le Professeur soit mieux écouté et encouragé, que les solutions et stratégies que nous recherchons au service de nos élèves soient plus issues de discussions, d’échanges, d’un travail de recherche commun que de prescriptions ou de choix limités : oui, les Professeurs de ce pays ont une expertise considérable à faire valoir de par les heures qu’ils passent avec leurs classes, et encore plus en dehors de la classe ; oui, les Professeurs de ce pays sont réunis dans des associations disciplinaires mais pèsent finalement peu sur la recherche qu’il faut pourtant encourager ; oui, le terme de “laboratoire” peut s’appliquer en dehors des cadres habituels et éloignés de notre réalité et les Professeurs-praticiens peuvent faire preuve de rigueur scientifique pour mener de vraies recherches porteuses ; oui, les Professeurs veulent sortir des expériences tantôt porteuses, tantôt décevantes (formations, viser certains concours, espérer en vain certaines fonctions ou valorisations pour progresser dans sa carrière au service de leurs élèves) pour mener par eux-mêmes et pour notre Ecole en lien avec toutes ses composantes et sans rejet aucun des débats de fond sur “l’enseigner” ; oui enfin, les Professeurs souhaitent de l’ouverture et ce laboratoire se propose de réunir et de soutenir toutes les bonnes volontés non parce que rentables, mais intéressants à explorer et porteurs. 

Aussi, le chantier du laboratoire “PiStEs”, pour les praticiens/Professeurs/ingénieurs pédagogiques et au service de la réussite de nos élèves s’ouvre aujourd’hui. 

Intéressé.e.s par développer le laboratoire ?

Pilote du projet : M. Adrien PLANCHOT-GEFFARD
Professeur d’Histoire-Géographie-EMC (ac-creteil)

Est précisé que l’initiative “PiStEs” que je lance via mon site internet ne vient en contradiction d’aucun autre laboratoire pédagogique ou disciplinaire, d’aucune association disciplinaire ou d’aucune directive nationale. La création du laboratoire PiStEs vient offrir, dans le paysage de celles et ceux qui souhaitent faire progresser l’Education et la recherche dans ce domaine, une possibilité supplémentaire axée sur le rôle clé du terrain et du Professeur de fait “Chercheur”. Toute collaboration et tout travail commun seront donc étudiés. 

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